Des biomarqueurs pour mieux détecter l’atteinte pulmonaire dans la sclérodermie systémique
La sclérodermie systémique (SSc) est une maladie auto-immune d'origine inconnue, caractérisée par une inflammation systémique et une vasculopathie, entraînant une fibrose cutanée et des organes internes. La principale complication de la SSc, responsable d'un tiers de sa mortalité, est la fibrose pulmonaire, également connue sous le nom de maladie pulmonaire interstitielle (interstitial lung disease ou ILD).
L'évolution de la SSc–ILD est très variable, allant d'une insuffisance respiratoire progressive et graduelle à une détérioration rapide de la fonction respiratoire. Diagnostiquer précocement cette atteinte pulmonaire reste un défi clinique majeur. Cette étude, menée par des chercheurs du Laboratoire de Pneumologie de l’Institut GIGA et du CHU de Liège, en collaboration avec le Laboratoire de Rhumatologie du Prof Clio Ribbens, a permis d’identifier une signature de quatre microRNAs caractéristiques de cette complication.
L’équipe a analysé les microRNAs présents dans des vésicules extracellulaires issues de patients atteints de SSc, avec ou sans atteinte pulmonaire, ainsi que de sujets sains. Le séquençage des petits ARN a révélé quatre microRNAs (miR–584–5p, miR–744–5p, miR–1307–3p et miR–10b–5p) fortement associés à la fibrose pulmonaire.
«Nous avons découvert que ces candidats étaient corrélés avec deux facteurs clés de progression et de mortalité de la SSc–ILD, la capacité de diffusion du monoxyde de carbone (DLCO) et la capacité vitale forcée (FVC)», explique le Dr Makon-Sébastien Njock, PhD, auteur senior de l’étude. «Ceci met en évidence leur potentiel pour surveiller l'évolution de la fibrose pulmonaire chez les patients atteints de SSc.»
L’étude a également révélé une altération des propriétés fonctionnelles des vésicules extracellulaires dans la SSc-ILD, «ce qui suggère un rôle majeur de ces vésicules dans la gravité de la maladie», précisent les chercheurs.
Selon le Prof Julien Guiot, ces résultats ouvrent la voie à de nouvelles approches diagnostiques et thérapeutiques : «Ces découvertes pourraient aboutir à une médecine personnalisée plus efficace et à une meilleure prise en charge des patients.»
Enfin, le Prof Clio Ribbens souligne l’importance de la recherche collaborative : «Cette étude illustre parfaitement la synergie entre les équipes du CHU de Liège et de l’Institut GIGA, renforçant leur position comme centre de référence en pneumologie et immunobiologie.»
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